Mauvaise période que celle-ci. Comme tous les ans plus ou moins à la même époque de l'année, je me fais ma petite déprime dans mon coin. Je dois tenir ça de mon père.

Mais bon comme on évolue (même moi, eeeeh oui) la déprime n'est jamais exactement la même. Certains démons restent toujours là, après tout c'est toujours agréable d'adopter un p'tit démon ça passe le temps quand on s'ennuie. Mais quand même le cadre global se nuance et change. L'an dernier à la même époque j'avais l'esprit tourmenté par Mlle N. Cette année elle me tourmente encore un peu (mais je ne la qualifierais quand même pas de p'tit démon) mais juste parce que je suis déçu. De toute façon, comme dirait Desproges, "on reconnait ses amis à leur faculté de nous décevoir". Alors n va dire que c'est une bonne amie.

Ce qui me gêne beaucoup plus, c'est que ce qui me semblait avant une incertitude, une indécision quant à mon futur, devient un véritable problème. Je ne me sens pas fait pour le métier d'ingénieur. Pire je ne suis pas sûr de correspondre aux sciences en général. J'ai l'impression, toutes choses égales par ailleurs (elle tue cette tournure, à chaque fois que je la lis j'ai un bouton qui pousse), que j'exercerais mieux mon intelligence sur d'autres sujets. Comme si l'optimum n'était pas atteint. Tout ça me frustre horriblement. Je n'arrive pas à savoir si c'est juste la peur de l'échec, auquel cas je serai confronté à ce problème dans quelque domaine que ce soit, ou bien si c'est une véritable révélation. Disons qu'en cas d'incertitude forte et persistante je vais très sérieusement songer à faire autre chose de ma vie.

En attendant que l'automne se passe et que les premières neiges arrivent, je rumine. Je rumine et je mate beaucoup de bons films : si je trouve le courage je vous parlerai de Crash, ou encore de Embrassez qui vous voudrez. Et même Donnie Darko. Si vous êtes sages.