Je ne ferai pas ici l'exposé de ce qui se passe en France, je pense que tout le monde en a reçu les échos où qu'il se trouve. Je voudrais juste poser une question, peut-être pas la plus à propos alors que les violences ne sont pas terminées mais intéressantes quand même.

Que se passe-t'il dans les cerveaux étriqués de nos très chers politiciens pour qu'ils cherchent par tous les moyens une utilisation politicienne d'évènements graves et reflettant un malaise dont ils sont pour une large part la cause?

Je veux dire, que des personnes autoproclamées de gauche demandent la démission de Sarko avant le règlement du conflit n'est-il pas un peu inconscient?
Le très étonnant silence de Chirac (et la critique ouverte de certains ministres en début de semaine) sur l'action du ministère de l'intérieur n'était-il pas un espoir que tout rentrerait dans l'ordre assez vite, laissant dans la bouche de tous le goût amer de la force et du discours employés par Sarko?
La soudaine prise de conscience que ça commençait à très sérieusement partir en sucette (il aura quand même fallu une semaine) a d'un coup vu naître une prise de position publique de Chichi (on ne l'avait plus entendu depuis son accident médical je crois) et un resserrement des rangs du gouvernement (sic).

Tout me fait vraiment penser que les inconscients qui nous dirigent sont encore et toujours complètement déconnectés de tout ce qui peut se passer. Ils voient émeutes et ils pensent réélection, ils entendent incendie et imaginent deuxième tour, ils comprennent colère et concluent "ce sera oublié en 2007". A moins d'un vrai changement dans le traitement des problèmes, avec autre chose que de superbes discours que de toute façon les personnes concernées ne veulent plus écouter, je ne vois pas comment on pourrait résoudre le malaise.

Pour conclure une analyse fine (je pense) du NYT, qui dit en substance que si les émeutes continuent en s'aggravant, l'opinion générale se retournera contre tous les manifestants, l'usage de la force sera alors vraiment d'actualité et l'homme fort, grand gagnant de la situation deviendra donc certainement... Sarkozy. Et notre Président de s'en mordre les doigts.