Hier soir ma voisine me demande au cours d'une conversation sérieuse : "quel âge as-tu?".

Après ma pirouette d'usage (l'humour étant ma seule arme quand je suis gêné) je suis bien obligé de lui dire mon âge et me prendre le compliment attendu dans la gueule. Mûr. Que répondre à ça. Surtout qu'elle a le même âge que moi et que je lui aurais facilement donné deux ans de plus, la trouvant pour le coup assez mûre, et certainement plus que moi.

Car boudiou de boudiou, la maturité ça sert à rien. Et d'abord c'est quoi la maturité. Est-ce que réfléchir sur soi, sur ce qu'on est et ce qu'on veut, chercher des réponses ... Est-ce que c'est ça la maturité? Est-ce que c'est trouver les bonnes réponses? Ou se poser les bonnes questions? Ou tout simplement refuser de simplement prendre la vie comme un train, mais plutôt la décortiquer pour en tirer le meilleur? Si on reprend une définition commune :
Maturité (de la raison, de la pensée, du jugement) : Terme ultime du développement de l'esprit (TLF, un dictionnaire français qu'il est bien)
on est en droit de douter (optimisme oblige) qu'une maturité intellectuelle puisse véritablement avoir lieu. Ce serait accepter que l'esprit humain, à un moment ou à un autre, cesse de se développer. Et quand bien même ce serait le cas, comment juger si cet état est atteint? Et puis que dire ce cette maturité de tous les jours, celle qui fait dire de quelqu'un qui réagit de façon pondérée à une situation inhabituelle (typiquement porter plainte pour un vol sans paniquer ou se lamenter inutilement en ne rien faisant) qu'il est mûr?

Donc je le dis et le répète, la maturité ne SERT A RIEN! Je ne veux pas être mûr! Mûrir à la limite, mais si c'est pour ne jamais atteindre le but. Je veux rester un grand gamin pas fini, qui s'étonne de tout et qui sourit béatement (et bêtement aussi un peu) en regardant la vie. Je ne veux pas atteindre mon apogée intellectuelle, ni mon développement ultime. Déjà que tendre vers un idéal c'est fatiguant alors vivre un idéal, qu'est-ce que ça doit être! Et surtout, surtout, je ne veux pas agir de manière pondérée. La folie douce de tous les jours est trop bonne à vivre.

De toute façon la maturité c'est chiant, et c'est toujours le reflet d'un jugement extérieur. Je me fous du jugement extérieur (!!!warning!!!! il y a un peu d'intox là-dedans... juste un peu). Et comme je le disais il y a quelques temps (oui se citer c'est complaisant mais qu'est-ce que c'est bon! ça aussi je l'ai déjà dit) :
J'aime pas les gens. Les gens ça sert à rien. Beuh.

(et comme ça personne viendra plus me dire que je suis mûr. Na.)