Il n'y a pas de règle, pas de type précis : parfois, sans que l'autre ne fasse quoi que ce soit de spécial et sans qu'il ou elle s'en aperçoive la plupart du temps, je suis juste séduit. Je fonctionne beaucoup au "premier contact", et si une personne me plaît tout de suite, il y a de fortes chances pour que cela dure ; inversement si une personne me déplaît, il faut généralement que je fasse un gros effort pour lutter contre ce premier sentiment.

Et puis il est des personnes qui marquent tout ou partie d'une vie de leur empreinte, des personnes qui m'impressionnent et que j'admire. Des personnes qui au détour d'une bouchée de tagliatelle al pesto milanese (étudiant oblige) demandent l'air de ne pas y toucher si la vie de tous les jours a un sens. Qui prennent un violoncelle et envoûtent d'une composition très modeste, mais faite maison. Qui sont prêtes à tenir le col d'un malheureux aviné qui pleure son amour perdu au dessus d'une cuvette. Qui entreprennent avec la plus grande humilité ce qu'on n'aurait jamais osé faire. Ou tout simplement qui disent les bons mots au bon moment.

A la question du sens de la vie, et après m'être à moitié étranglé, j'avais répondu en substance que je voulais croire que tout n'était pas vain, et qu'en attendant d'en obtenir une réponse définitive un premier pas était de vivre en accord avec ses principes et ne pas se donner prétexte aux regrets. Une réponse très égoïste finalement. Je pense que se donner les moyens de marquer les autres, au sens noble du terme : les soutenir, les écouter, les faire réfléchir, les aimer ; ce premier pas-là est bien plus important. Mais pour en être capable, encore faut-il passer par une acceptation de soi, de ses principes, de ses propres faiblesses et échecs. Un premier pas pour soi à faire suivre d'une longue promenade avec les autres.