14 09 2005
Diversion automnale
Par Yo, à 19:05
Je suis sorti ce matin direction l'univ, avec le sourire et une veste. Le temps humide soulevait des odeurs de sous-bois assez agréables et une fine pluie venait compléter ce tableau d'automne idyllique. Dans quelques temps les feuilles seront rouges et jaunes, le thermomètre baissera encore de quelques degrés et les nuages se feront encore un peu plus présents ; tout ce qui donne à l'automne sa réputation de mélancolie et qui me fait aimer cette saison par-dessus tout. En moins de cent mètres j'avais décidé de faire tout le trajet à pied. J'avais des sortes de bouffées de joie, de celles qui donnent envie de rire tout seul, de sauter partout, de respirer à plein poumon et de crier à tue-tête. Je me sentais bien, libre, heureux. Savoureuse insouciance. A cracher ainsi mon bonheur à la face du monde, je crois bien qu'il y a quelques temps je me serais haï.
Un bonheur n'arrivant jamais seul, je retrouvais l'inspiration. Cette petite coquine a malheureusement la fâcheuse habitude de surgir quand je n'ai aucun moyen de la concrétiser. Mais finalement ce n'est pas si grave. J'aime à penser qu'une bonne idée, si elle est bonne, apparaît et disparaît à son envie, mais finit toujours par revenir après un petit tours, parfois changée et parfois non. Pour une fois j'arrivais même à penser à Rousseau sans éruption cutanée immédiate : un mec qui a écrit Les rêveries du promeneur solitaire ne peut être totalement exempt d'intérêt.
Et puis le vent s'est levé, et ce que je sentais sur mon visage n'était nullement sa douce et puissante caresse mais bien mes cheveux fouettant sans ménagement de droite et de gauche. Et me voilà pestant contre tout et tout le monde, et jurant que si je n'arrivais pas à attacher ces rebelles correctement d'ici quelques jours, ils allaient tâter de la tondeuse. Me pressant de trouver un abri, je me suis dit qu'il était bien dommage de sacrifier un si beau moment de poésie à des choses aussi terre-à-terre. Versatile condition que celle de l'homme.
Ce billet est tout spécialement dédicacé à la personne qui se plaignait s'étonnait que je ne parle plus aussi souvent qu'avant de ma crinière. Lacune réparée.
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