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21 09 2005

La maturité ça sert à rien

Hier soir ma voisine me demande au cours d'une conversation sérieuse : "quel âge as-tu?".

Après ma pirouette d'usage (l'humour étant ma seule arme quand je suis gêné) je suis bien obligé de lui dire mon âge et me prendre le compliment attendu dans la gueule. Mûr. Que répondre à ça. Surtout qu'elle a le même âge que moi et que je lui aurais facilement donné deux ans de plus, la trouvant pour le coup assez mûre, et certainement plus que moi.

Car boudiou de boudiou, la maturité ça sert à rien. Et d'abord c'est quoi la maturité. Est-ce que réfléchir sur soi, sur ce qu'on est et ce qu'on veut, chercher des réponses ... Est-ce que c'est ça la maturité? Est-ce que c'est trouver les bonnes réponses? Ou se poser les bonnes questions? Ou tout simplement refuser de simplement prendre la vie comme un train, mais plutôt la décortiquer pour en tirer le meilleur? Si on reprend une définition commune :
Maturité (de la raison, de la pensée, du jugement) : Terme ultime du développement de l'esprit (TLF, un dictionnaire français qu'il est bien)
on est en droit de douter (optimisme oblige) qu'une maturité intellectuelle puisse véritablement avoir lieu. Ce serait accepter que l'esprit humain, à un moment ou à un autre, cesse de se développer. Et quand bien même ce serait le cas, comment juger si cet état est atteint? Et puis que dire ce cette maturité de tous les jours, celle qui fait dire de quelqu'un qui réagit de façon pondérée à une situation inhabituelle (typiquement porter plainte pour un vol sans paniquer ou se lamenter inutilement en ne rien faisant) qu'il est mûr?

Donc je le dis et le répète, la maturité ne SERT A RIEN! Je ne veux pas être mûr! Mûrir à la limite, mais si c'est pour ne jamais atteindre le but. Je veux rester un grand gamin pas fini, qui s'étonne de tout et qui sourit béatement (et bêtement aussi un peu) en regardant la vie. Je ne veux pas atteindre mon apogée intellectuelle, ni mon développement ultime. Déjà que tendre vers un idéal c'est fatiguant alors vivre un idéal, qu'est-ce que ça doit être! Et surtout, surtout, je ne veux pas agir de manière pondérée. La folie douce de tous les jours est trop bonne à vivre.

De toute façon la maturité c'est chiant, et c'est toujours le reflet d'un jugement extérieur. Je me fous du jugement extérieur (!!!warning!!!! il y a un peu d'intox là-dedans... juste un peu). Et comme je le disais il y a quelques temps (oui se citer c'est complaisant mais qu'est-ce que c'est bon! ça aussi je l'ai déjà dit) :
J'aime pas les gens. Les gens ça sert à rien. Beuh.

(et comme ça personne viendra plus me dire que je suis mûr. Na.)

20 09 2005

Influence Helvète

Il est des choses qu'on ne choisit pas dans la vie, au rang desquelles son pays de naissance et sa nationalité (avec un début pareil si je ponds pas un essai philosophique ou sociologique il y a maldone). Et puis il y a des choses qu'on ne comprend pas bien sur l'influence que ces choses (les premières, celles qu'on ne choisit pas) ont, et qui perturbent un peu (les choses qu'on ne comprend pas, celles-là même qui sont influencées par les choses qu'on ne choisit pas).
Là normalement j'ai perdu 50% de mon lectorat, donc à vous deux qui restez je vais donc vous faire un révélation : je suis franco-suisse. Mmh? Ah ouais je crois que je l'avais déjà dit en fait. Bon. De toute façon c'était pas ça LA réflexion du jour.

Donc je suis franco-suisse, et je me plais à le dire parce que ça fait djeunz cool (oui je sombre parfois dans la recherche de popularité, je suis faible que voulez-vous)(mais très vite j'arrête parce que ça marche pas des masses. je suis faible vous dis-je) et aussi parce que l'air de rien ça a une véritable influence sur moi. Une de ces influences qu'on ne comprend pas (je ne vous renvoie pas au paragraphe du dessus, vous commencez à comprendre le principe j'espère).

En fait un jour je me suis réveillé, et on m'a dit "tiens voilà ton passeport suisse" et moi j'ai dit "cool un passeport pas comme les autres, plus grand et plus rouge, qui dure vachement plus longtemps". En fin de compte un grand passeport c'est très chiant quand on voyage (heureusement le passeport suisse 2.0 a fait son appartition avec puce biométrique et traceur international... ahem), la grosse croix sur fond rouge fait penser aux policiers malgaches qu'on fait partie de la croix rouge (sur fond blanc... passons) et si le passeport dure plus longtemps c'est parce qu'il est plus cher. Enfin était, je crois que maintenant c'est du kifkif.

Dans la vraie vie, le passeport suisse ne change rien. On se recouche le soir, même pas avec son passeport dans les bras parce qu'il est conservé au chaud dans le bureau de maman (et aussi parce que mon chien en peluche m'en aurait voulu à mort), on n'en rêve même pas la nuit, et le lendemain on a à moitié oublié qu'on est suisse aussi. Dans la vraie vie, le passeport suisse ne change rien donc.
Au début tout du moins. Au fur et à mesure, on se dit qu'avoir des cousins en Suisse c'est l'opportunité de découvrir autre chose, une autre vie, d'autres activités peut-être. On se rend compte que partir en vacances en Suisse, c'est aussi un peu aller chez soi, comme on découvrirait une région de France. On commence à s'intéresser à la vie, l'histoire, la culture ou la politique suisses comme françaises, on pointe les différences en souriant. On se sent influencé, quoi qu'il en soit, alors que finalement on n'y a jamais vécu, en Suisse.

Et c'est là tout le problème, tout mon problème. A la question "te sens-tu plus français ou suisse", je suis bien forcé de répondre français, n'ayant jamais vécu qu'en France. Ca me fait mal d'être obligé de choisir. Français donc, mais... pas complètement quoi. Au final je ne me sens ni vraiment français, ni vraiment suisse. Ni franco-suisse en fait. Une sorte de désincarnation que je n'ai jamais vue venir mais que je suis tenu de reconnaître, et qui ne m'embête pas plus que ça finalement. Aux remarques désobligeantes sur l'accent suisse (qui n'est en fait souvent que l'accent de Neuchâtel, mais un bon français se soucie-t'il du nombre d'accents suisses?) je ne vois qu'une sorte de parisianisme étendu, qui veut que différent=péquenot. Du repli des Suisses sur eux-mêmes, vouant un racisme certain pour les Français frontaliers, arrogants et stupides, je ne peux que me désoler. La double nationalité m'a forcé à prendre du recul sur ce point particulier, et finalement un peu sur l'acceptation de l'autre en général.

16 09 2005

Il doit s'en frotter les mains

Je ne sais pas comment l'information est traitée par la télé, mais ce qui est sûr c'est que vu du net, notre cher Premier Ministre doit se réjouir de la pub qui lui est faite. Et vas-y que je te taille un costard de Président par là, et voilà une petite remarque sur ta stature qui devient crédible, et encore une couche d'interlude présidentielle à New-York. Il n'en demandait pas tant!

Mais enfin réfléchissons quelques secondes : le Président incapable de se rendre au sommet de l'ONU, quoi de plus normal qu'il se fasse remplacer par... son Premier Ministre??? Aurait-il fallu envoyer le Douste histoire de ridiculiser encore un peu plus la France auprès de l'opinion internationale? Ou Sarko-aux-dents-longues afin de ménager son ego? Il n'y a vraiment pas matière à polémiquer pendant des heures, et les complots sont là où on veut bien les voir. Ne confondons pas une situation imprévue qui arrange certains, et une situation créée afin d'arranger quelqu'un.

Car dans toute cette histoire, si quelqu'un essaie de nous imposer un dauphin à Chichi, c'est bien les médias. Et bien loin de dénoncer toute mise en avant carriériste, tous les journaux s'empressent de sauter à pieds joints dans le plat, tout en se drapant dans l'obligation de rendre compte du climat politique. J'ai comme l'impression qu'on n'a pas fini d'être pris pour des cons.

EDIT : Ok maintenant c'est le porte-parole de l'Elysée qui s'y met. Mais si tout ça n'était pas relayé instantanément et 1000 fois par jour par les médias aussi...

15 09 2005

Les personnes qui marquent

Il n'y a pas de règle, pas de type précis : parfois, sans que l'autre ne fasse quoi que ce soit de spécial et sans qu'il ou elle s'en aperçoive la plupart du temps, je suis juste séduit. Je fonctionne beaucoup au "premier contact", et si une personne me plaît tout de suite, il y a de fortes chances pour que cela dure ; inversement si une personne me déplaît, il faut généralement que je fasse un gros effort pour lutter contre ce premier sentiment.

Et puis il est des personnes qui marquent tout ou partie d'une vie de leur empreinte, des personnes qui m'impressionnent et que j'admire. Des personnes qui au détour d'une bouchée de tagliatelle al pesto milanese (étudiant oblige) demandent l'air de ne pas y toucher si la vie de tous les jours a un sens. Qui prennent un violoncelle et envoûtent d'une composition très modeste, mais faite maison. Qui sont prêtes à tenir le col d'un malheureux aviné qui pleure son amour perdu au dessus d'une cuvette. Qui entreprennent avec la plus grande humilité ce qu'on n'aurait jamais osé faire. Ou tout simplement qui disent les bons mots au bon moment.

A la question du sens de la vie, et après m'être à moitié étranglé, j'avais répondu en substance que je voulais croire que tout n'était pas vain, et qu'en attendant d'en obtenir une réponse définitive un premier pas était de vivre en accord avec ses principes et ne pas se donner prétexte aux regrets. Une réponse très égoïste finalement. Je pense que se donner les moyens de marquer les autres, au sens noble du terme : les soutenir, les écouter, les faire réfléchir, les aimer ; ce premier pas-là est bien plus important. Mais pour en être capable, encore faut-il passer par une acceptation de soi, de ses principes, de ses propres faiblesses et échecs. Un premier pas pour soi à faire suivre d'une longue promenade avec les autres.

11 09 2005

Du cynisme

Son retour fait grand bruit, son marketing impressionne ou énerve, je veux bien sûr parler de Max. Comme j'avais parcouru son blog et que j'avoue sans honte qu'il m'avait plu, au moins son début, je me suis intéressé au phénomène. De toute façon pour passer au travers du phénomène il fallait vraiment le vouloir, vu que tout le monde en parle et qu'il est même censé passer ce soir à la télé française (là j'avoue que je n'en sais pas plus, la télé française m'étant pour l'instant aussi connue que la topographie des îles Marquises).

Ce qui m'a séduit dans son blog, c'est tout à la fois qu'il dénonçait ce que beaucoup pensent tout bas et ressentent sans oser crever l'abcès, j'ai nommé l'ennui profond dans l'entreprise ; qu'il rentrait dans le lard des préjugés communs tout en incarnant un beauf pétri du même type de préjugés ; qu'il écrivait avec un certain talent ; et puis aussi finalement que c'était la première fois que je m'intéressais de plus près à un blog.

Et puis je me suis lassé. L'intrigue s'est essoufflée avec le temps, la polémique sur l'identité de Max ne me faisait pas vraiment rire, les ficelles devenaient trop grosses, en bref je trouvais que le succès du blog l'avait quelque peu perverti. Et puis il y a aussi eu de la lassitude face au cynisme du personnage et des situations. J'ai moi même usé et abusé du cynisme pendant quelques temps, à différents niveaux. Avec le recul je me rends compte que c'était pour paraître plus grand, plus mûr, genre "je suis celui qui a tout compris et la compréhension ne m'a rien apporté". Le problème du cynisme, c'est qu'il plonge celui qui le pratique dans une spirale dont il est difficile de sortir. A force de voir tout en noir, de dire tout en noir, on finit par vivre tout en noir et de créer ce qu'on dénonce. Pour revenir à Max, c'est donc un cadre qui s'emmerde et qui trouve sa société pathétique, mais qui en la critiquant si bassement et si souvent devient un membre à part entière de cette société pathétique. Et j'en ai eu marre de cette impression d'enfermement, de cul-de-sac. Je me suis dit que dénoncer un système, soit, mais se complaire dedans, non. Il est toujours plus facile de se plaindre que de changer. Moi j'ai surtout changé de lectures.

Et puis j'ai écouté son interview par le grandméchantloupdublog LLM. Et je dois dire que le discours ne colle pas tout à fait avec le blog, et donc certainement avec le bouquin qui reprend plus ou moins la même chose si j'ai bien compris : Max y prône le changement, la recherche du plaisir, la lutte pour la satisfaction, l'humanité non pas des entreprises mais des gens qui la font. La part de marketing dans tout ça ne m'intéresse pas. La position de LLM est bien celle où on l'attendait, pas de surprise de ce côté là. Mais surprise du côté "grand gamin" que semble être Max. Je pense que si il y a quelque chose à retirer de tout ça, c'est justement cette interview et l'explication de la position du bonhomme, bien plus convaincante en quelques minutes que dans tout ce qu'il a écrit. Parce qu'il n'est pas du tout question de cynisme dans son discours, parce qu'on a l'impression qu'il croit à ce qu'il dit (ou parce qu'on veut croire qu'il y croit). Parce que le discours résonne aussi avec quelques-unes de mes convictions : vivre et pas planifier, profiter, réfléchir et prendre du recul, ne pas tout prendre ce qui est dit pour argent comptant. Evoluer et mûrir finalement.

Pour information, la définition de cynisme (source Lexilogos), terme par trop galvaudé par les temps qui courent :

Doctrine des philosophes cyniques qui rejetaient les conventions sociales, les principes moraux, et vivaient selon les préceptes de la nature.
Mépris des convenances, impudence, effronterie.

Si le rejet des conventions sociales et des convenances me parle, n'avoir aucun principe moral et ne vivre que par l'effronterie me semble dénué de sens. Le tout n'est pas de savoir où on veut aller, mais bien au moins d'avoir une petite idée de qui on veut être.

EDIT : Apparemment l'émission c'était ONPP de MOF sur France 3 et d'après Vinvin le Max il s'est fait démonter.

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