Semaine propice aux souvenirs, et du même coup à ce petit aiguillon fourbe qui appuie pile où il faut pour qu'on ressente le vertige et le vide dans ses tripes.
Ça a commencé bêtement par un film sur Arte : Après la Love-parade, en allemand dans le texte Julietta. Rien de particulièrement extraordinaire, si ce n'est une comédienne plutôt jolie ; mais c'est typiquement le genre de film que je regardais quand j'avais 14-15 ans, toujours sur Arte, les vendredis et samedis tard le soir. Un peu de drogue, un peu de sexe, un peu de techno, un peu déjanté, un peu de scénario. À part la minceur du scénario, tout ce qui ne constituait pas ma petite vie de l'époque.
Ça a continué avec un moyen-métrage, toujours sur Arte, Manue bolonaise. Ce coup-ci je suis reparti quelques années avant, 11-12 ans, les premiers émois et bien sûr la première déception, les boums et les slows, le pull tout doux de Marie R., et ma joue contre ses seins... Oui j'étais petit à onze ans, et ça n'avait finalement pas que des inconvénients.
Et puis une musique pour finir. Inside of Love de Nada Surf. Le lycée, seize ans, un puissant sentiment de solitude, un mal-être adolescent et la certitude de ne pas être à ma place. Seize ans... Pas la plus joyeuse des périodes de ma vie, définitivement...

On y repense, on sourit - parfois tristement - on imagine ce qu'on ferait si on retournait dans son passé, avec sa personnalité d'aujourd'hui, on tourne les situations dans tous les sens, encore et encore, pour savoir ce qui aurait changé. Et finalement on se dit que malgré tout, c'est aussi tout ça, nos erreurs, nos regrets et même nos blessures qui font qu'on en est là où on en est. Alors à choisir, ne changeons rien. Ça tombe bien d'ailleurs, on ne peut rien changer.

(*) Librement pompé - et même pas honteusement - sur la fin de la "Chronique de la Haine Ordinaire" intitulée Aurore. C'est du Pierre Desproges, mais était-il nécessaire de le préciser?