23 10 2005
Souvenir du dimanche (2)
Par Yo, à 23:59
Ce soir je me souviens de
Camille Bloch.
Que les plus coquins d'entre vous se calment : Camille n'est pas une de mes nombreuses conquêtes. Pas même un amour débutant comme a pu l'être Delphine B.
Non ce Camille-ci -car oui c'est un homme- c'est tout le fondant et la douceur d'un souvenir d'enfant : c'est mon grand-père qui nous accueillait sur sa chaise parce qu'il était déjà trop faible pour se lever, et qui à peine embrassé nous tendait une boîte de Napolitains Camille Bloch avec un grand sourire.
De mon grand-père il ne me reste que peu de chose. Une médaille d'abord, que j'ai décidé de porter le jour où je me suis rendu compte que ce qui faisait mon père était en très grande partie sa relation avec son père et que je me formais au travers de mon père ; je ne l'ai plus quittée, et c'est aujourd'hui encore la seule chose que je ne voudrais perdre sous aucun prétexte. Une impression de force et de fierté, véhiculée par l'admiration sans borne de mon père. C'est la seule personne pour qui je l'ai jamais vu pleurer, et les larmes de ses parents ça marque. Ce souvenir donc, qui est plus une image flash qu'un véritable souvenir. Et enfin une immense frustration : de ne pas l'avoir connu, de ne pas me souvenir de lui, et de ne pas avoir compris ce que sa mort signifiait.
Alors quand je mange un chocolat Camille Bloch, et que j'entrevois encore et encore ces images floues et furtives... ben je me dis que le chocolat c'est bien bon, d'abord, et que j'aurais beaucoup aimé en profiter plus avec mon grand-père.
Papi René.
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