02 10 2005
Souvenir du dimanche (1)
Par Yo, à 23:10 | ConceptBlog | #157 | RSS
Ce soir je me souviens de
Delphine B.
Quand j'étais petit (je ne suis toujours pas bien grand, mais à l'époque où j'étais encore plus petit) j'avais plein de copines. Je me souviens en dernière année de maternelle je voulais me marier avec Virginie, on avait déjà tout prévu. Mais quand on est passé en CP elle a commencé à préférer Jean-Sébastien parce qu'il courrait plus vite que moi. En vrai ce qui m'embêtait moi c'est surtout qu'il envoyait les balles super loin, alors que moi je faisais du hand et que j'y arrivais pas. Mais bon J-S je l'aimais bien quand même parce que c'est vrai qu'il courrait vite et on pouvait bien s'amuser avec lui ; du coup ça m'a pas embêté plus que ça que Virginie elle le préfère.
Surtout que je ne me sentais pas prêt à me marier. C'est quelques temps plus tard que j'ai rencontré Delphine B. Elle était timide, brune, mignonne... Je me souviens surtout du jour où elle m'a dit qu'elle était amoureuse de moi. Ca faisait quelque temps qu'on jouait à un jeu très intellectuel dont j'ai oublié le nom, mais qui consistait à se répartir en fille et garçon et choisir une personne de l'autre groupe. Ensuite un des deux groupes se mettait en ligne, et les membres de l'autre groupe venait tour à tour se mettre devant la personne qu'ils avaient choisie. Si c'était la bonne personne, un bisoux sur la joue ; sinon, un pincement de fesse. Autant dire que si on jouait à ça maintenant, tout le monde prierait pour se faire pincer les fesses. Mmmh? Ah y'a que moi? (je sens qu'il y a parmi nous des pervers qui ne s'assument pas)
Bref, toujours est-il qu'à partir d'un moment, elle me choisissait tout le temps. Et bon comme je n'étais pas dupe et que je l'aimais bien aussi, ben je la choisissais aussi. En plus on était souvent à côté pendant la classe. Et un jour en rentrant de récréation, alors qu'une heure et demie d'éducation civique nous attendait avec une institutrice bien médiocre, j'ai découvert un papier sur ma table. Plus exactement j'ai viré une boulette de papier de ma table, et prenant soudain conscience qu'il n'y avait pas de boulette de papier avant la récréation je me suis penché et j'ai ramassé la boulette.
Je crois que je t'aime? Et toi?
A l'époque je ne savais rien de l'esprit de contradiction, du jeu amoureux, du oui mais non... bref de tout ce qui peut compliquer inutilement la vie. J'étais tout naïf, amoureux aussi, alors je lui ai souri et je lui ai dit oui. Et on a passé comme ça un an à être des amoureux, sans idée précoce ou quoi que ce soit d'un tant soit peu répréhensible par la plus puritaine des âmes.
Et puis il a fallu se séparer, parce qu'on ne dépendait pas du même collège. On s'est promis qu'on resterait toujours amoureux, et qu'on se retrouverait au lycée, et que tout redeviendrait comme avant. Bien sûr rien de redevient jamais comme avant. J'ai appris courant sixième qu'elle sortait avec un autre, mais pour de vrai cette fois, avec des vrais bisoux sur la bouche et que même sûrement c'était des vrais avec la langue. Alors j'ai décidé que puisque c'était comme ça je ne l'aimais plus non plus.
J'aurais bien voulu trouver une remplaçante moi aussi. Mais j'avais alors beaucoup moins de copines, et bizarrement aucune n'avait plus l'air intéressée pour être mon amoureuse.
Commentaires
#1 - Le mercredi 5 octobre 2005 à 14:12, par coyote des neiges
#2 - Le jeudi 6 octobre 2005 à 00:01, par Yo
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