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05 10 2005

Lecture du mercredi (1)

En ce moment je lis (enfin quand j'arrive à prendre le temps) :
Pars vite et reviens tard, de Fred Vargas

Je ne suis pas spécialement porté sur les polards. Les histoires de meurtres, les enquêtes et les prises de têtes sur le thème de "et qui ça pourrait bien être", ça m'a passé avec Agatha Christie. J'avais 15 ans. Je crois que depuis j'ai entamé un Patricia Highsmith que je n'ai jamais pu finir et c'est tout.
Mais là je suis accro. J'ai envie de comprendre, j'ai envie d'aller là où elle (car Fred est une femme) veut m'emmener, et docilement encore. Je veux tomber dans tous les pièges et me laisser porter par le récit.

Je ne vais pas divulguer l'intrigue, ce serait gâcher le plaisir. Mais je conseille à tout le monde de l'essayer, aficionados des polards ou non, gros lecteurs ou non. L'écriture est fluide sans être simpliste, les personnages travaillés et l'histoire tiens bien la route. Et je crois même que contrairement à Dan Brown, il n'est jamais question de Smart donc Coyote tu n'as pas d'excuse :-)

05 10 2005

Sociologie de comptoir

Je suis allé faire mes courses de la semaine aujourd'hui, juste après mes cours. Le problème quand je fais mes courses juste à la fin de ma journée, c'est qu'au moment de rentrer chez moi c'est la sortie des bureaux. Il s'offre alors à moi deux alternatives. Ou bien je prends le bus, et je reste coincé dans la circulation pendant 20 mn (oui à Stockholm aussi il y a des embouteillage, mais seulement pendant deux fois 30 mn, un coup le matin et un coup le soir) ; ou alors je prends le métro et là c'est le retour version boîte de sardines assuré.

Aujourd'hui, contrairement à d'habitude, j'ai opté pour le poisson. Envie de changement, un truc dans l'air, nostalgie parisienne, je ne saurais trop le dire. En fait j'étais en avance sur l'heure de sortie, donc le métro n'était pas bondé, mais toutes les places assises étaient occupées. Enfin toutes sauf une.

N'ayant pas l'habitude de me poser dans le métro (alors que dans le bus si, je sais pas trop pourquoi), je ne me suis pas spécialement intéressé à cette place, jusqu'au moment où j'ai remarqué que tous les nouveaux arrivants se jetaient sur la place avant de marquer un temps d'arrêt et de faire demi-tour. Dans le même temps mon nez sentit ce que mes yeux me révélèrent : en face du siège vide se trouvait un homme-éponge, qui bière à la main cherchait à battre son record personnel d'alcoolémie dans la catégorie "moins de dix-huit heures". Passons sur le pathos de la situation, sur la pitié ou la compassion qui ne sont bien souvent qu'effleurées avant de penser à ce qu'on pourrait bien préparer pour accomoder au dîner cette superbe escalope obtenue à vil prix.

Mon regard ayant capté le comportement général des passagers arrivant, je me suis demandé qu'elles étaient les réactions des gens alentours. La Suède est très attachée aux convenances, du peu que j'en ai vu (cela mène par exemple à une forme de racisme assez pernitieuse car presque impalpable au premier abord : tout le monde semble tolérant, et quand tout à coup on se retrouve face à un comportement raciste (car malheureusement il existe ici comme ailleurs) on est un peu perdu. Mais fermons ici la parenthèse). Toujours est-il que selon moi, une réaction française aurait été de faire comme si de rien n'était, regard vissé dans la vitre du métro alors que le paysage offert à l'intérieur d'un tunnel est assez limité en règle général. J'imagine aussi que quelques regards curieux se seraient attardés, détournés, seraient revenus, juste pour vérifier que l'hypothèse du saoûlard est bonne, et peut-être chercher le sdf derrière tout ça. Une sorte de petit sadisme de tous les jours.

Ce que j'ai vu m'a tour à tour amusé, énervé et surpris.
Il y avait bien sûr ceux qui se désintéressaient d'un homme dont la situation n'était pas glorieuse et avec qui ils n'avaient pas envie de s'impliquer. Individualisme primaire.
La réaction de sa voisine diagonale fût déjà plus savoureuse : plongée dans ses mots croisés, elle se rendit soudain compte qu'un accident regrettable (bière, corps ou autre déjection) était potentiellement inévitable, la seule question étant de savoir quand et sur qui. Elle lui lança dès lors de nombreux coups d'oeil inquiets, jusqu'à ce qu'une place plus éloignée se libère.
Le regard que je rencontrai chez une femme occupée à détailler l'homme fut moins heureux : tout le mépris dont elle était capable se lisait dans ses yeux, elle condamnait tout à la fois l'homme et la situation, sans circonstance atténuante. Je dois dire que je me suis alors demandé qui des deux personnes étaient la plus à plaindre.
Enfin, l'homme assis juste à côté du centre d'attraction de notre wagon se leva, étant arrivé à destination, et il eût cette réaction que je ne m'explique toujours pas : se retournant vers l'homme il lui fit simplement un au revoir accompagné d'un petit salut de tête.

Ce que j'ai en revanche bien compris, c'est le visage outrée de la femme-juge. Un pur moment de bonheur.

05 10 2005

Nuages en rouleaux

Petit rappel pour ceux qui suivent pas, je suis élève-ingénieur plutôt attiré par la mécanique en général, des fluides en particulier.
Un des cours suivi durant ma formation traitait de diverses instabilités (simples) dont celle dite de Kelvin-Helmoltz. Cette instabilité consiste en la déstabilisation, sous l'effet des forces d'inertie, de deux couches de fluide en mouvement relatif tangentiel (pour faire plus simple, on a deux fluides différents -généralement de densités différentes- l'un au-dessus de l'autre qui vont pas à la même vitesse, et paf ça destabilise le bordel). Cette instabilité s'exprime par des tourbillons tout le long de la frontière entre les deux fluides.

L'illustration qu'on ne manquait jamais de nous donner de ce phénomène, parce qu'il est bien connu qu'un élève ça aime le concret, c'était celle des nuages en rouleaux. De somptueuses photos, avec couchers de soleil et paysages grandioses. Sauf que moi je suis d'un naturel suspicieux, et franchement les rouleaux qu'on me montrait j'en avais jamais vu en vrai alors je me demandais si les photos elles ne pouvaient pas avoir été retouchées dans un but... didactique disons.

Et en arrivant en Suède, que vois-je? Et oui je vous le donne en mille (ou en autant que vous voudrez), je vois ça : nuages en rouleaux

On ne nous avait pas menti (maintenant vous avez aussi le droit de ne pas me croire moi et de chercher vos propres rouleaux :-)

Et pour de meilleures explications, plus scientifiques et avec moult animations, je vous conseille d'aller voir au LadHyX (oui c'est Polytechnique), à l'ENSEEIHT ou du côté de Stanford.

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