03 11 2007
Ce qu'il se passe.
Par Yo, à 23:53
Afin d'enrayer mes crises de jalousie aiguë ou de déprime post-vagabondage, je me suis auto-prescrit une cure de blogging sans queue ni tête d'environ une soirée. Et oui bande de petits malins vous avez noté, ce soir est le soir. Profitez-en (ou pas d'ailleurs) je pourrais retomber dans mon mutisme dès demain.
Qu'est-ce que ça tourne à l'intérieur. Je ferme les yeux, et en moins de trente secondes je suis parti. Je faisais ça. J'ai rencontré untel ou unetelle. Surtout unetelle d'ailleurs. Ouh beurk j'avais oublié celle-ci. Ne jamais suivre une personne qui vous propose la botte façon film pour adulte. Ça rend bien dans les histoires mais côté images-souvenirs c'est un peu craignos. Quand est-ce que je pourrai y retourner? Quel sera mon prochain voyage? Et surtout, surtout, QUAND sera mon prochain voyage?
S'en suit une léthargie intense. Pas envie de lire, pas envie d'écrire. Pas envie de voir des gens si c'est pour raconter ce qui me fait mal, pas envie de raconter ce qui me fait vivre non plus. Tout ce que j'ai pris, tout ce qui reste en moi de cette année, il faudra bien que ça sorte, je le sais. Mais je veux en profiter égoïstement le plus longtemps possible. Pour tout dire, moi qui avais peur de saouler tout le monde en faisant constamment référence à mon voyage, eh bien j'ai en fait réussi à ne presque rien en dire.
Le problème du coup c'est que je sens mes souvenirs partir en fumée, et je dois sans cesse me faire violence pour retracer pas à pas ce que j'ai fait, pour être sûr de ne rien laisser de côté, pas même cette image que je n'ai pas pu capturer (le bus bougeait beaucoup, mes voisins étaient tous malades et vomissaient par la fenêtre, mon appareil était enfoui à des kilomètres dans mon sac, et pourtant la dernière image de Pokhara reste la plus poétique, un lever de soleil sur une mer de nuages, et quelques îlots verts avec sur l'un deux un minibus filant vers l'Inde, et à son bord un petit touriste occidental qui n'aurait dormi à aucun prix, lui qui venait d'ouvrir les yeux sur le monde), pas même que cette actrice porno de la vie quotidienne et cette partie de jeux de chambre mémorable de par sa médiocrité, pas même ces Chinois qui essayqient désespérément de comprendre ce qu'était la France ou cet Alfredo qui m'expliquait que le Macchu Picchu, si il se cassait la gueule un jour, le devrait aux personnes-mêmes qui prétendent le sauver.
Au fond de moi règne en maître l'appréhension de perdre tout ce que cette année m'a donné. Ou même d'en perdre un bout. Juste un petit bout.
Parce que je veux tout garder.
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