25 12 2005
Souvenir du dimanche (5)
Par Yo, à 10:29
Ce soir je me souviens de
Mon Auberge Espagnole
Ben oui la nostalgie ne prévient pas quand elle arrive, et même quand on l'attend (et qu'on se plaint d'avoir à l'attendre, stupidement effrayé de ne rien ressentir) elle frappe là où ça fait mal, à l'endroit précis où se loge la boule du stress, de l'angoisse, de la tristesse, pile au milieu du ventre.
Ironie des choses, c'est en regardant ce film, L'auberge espagnole, que tout s'est déclenché. Tout d'abord le souvenir du point de départ. Car si j'ai toujours été attiré par l'étranger et les voyages, c'est vraiment la première fois que j'ai vu ce film que je me suis dit que ce serait vraiment un truc à faire. Tout s'est décanté et c'est quand j'ai eu l'occasion de partir que les choses ont ressurgi.
Ensuite, ce film a réveillé des souvenirs de mon passage en Suède. Alors bien sûr ça se passe pas comme dans le film. Bien sûr le réflexe naturel de rester avec des Français est beaucoup plus présent une fois qu'on est vraiment en situation, et même si on cherche à fuir, on est parfois fainéant ou on a besoin d'un petit bout de maison - sans compter que les Français qu'on rencontre à l'étranger ne sont pas moins intéressants à l'étranger, voire au contraire. Et bien sûr aussi on n'a pas tous la chance de se faire initier au corps de la femme par une demoiselle aussi charmante que Cécile De France. Mais l'idée est là, le dépaysement, la découverte, et ce foutu sentiment d'être étranger au retour.
Enfin cela m'a fait penser aux gens, ceux que j'ai quitté en France et ceux que j'ai quitté en Suède. Bien sûr j'ai revu mes amis de France. Mais au final le résultat est le même : la rupture a transformé les relations et les protagonistes, moi le premier ; les chemins ont évolué différemment. Et je me retrouve là, au milieu, un peu perdu dans un monde ni tout à fait étranger ni tout à fait familier. Avec une seule envie, celle de repartir.
Mais pour bien expliquer ce souvenir en forme de bilan, je dois dire que je ne regrette rien. Je conseille même à tout le monde de tenter l'expérience car elle est extrêmement formatrice, mais il ne faut pas oublier que le retour est aussi difficile que le départ. Et si l'envie de repartir est toujours aussi forte, ce n'est pas forcément pour fuir, mais aussi pour se construire. Et peut-être aussi parce qu'on aime ça, tout simplement.
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