Après un trajet long et éprouvant, où tel une fourmi je portai mon poids sur mon dos (ok je suis pas bien lourd mais tout de même), je me posai enfin à bord de mon avion, délesté quelques kilos et de 40 euros pour surplus (et c'est là qu'on aime viscéralement Air France, qui sous prétexte de vous faire un bon repas vous surtaxe le kilo de surplus de 10 euros). J'installe mon voisin (pour les ignorants, c'est d'un violoncelle dont je parle) et je joue à mon jeu préféré de début de voyage : deviner qui va s'asseoir à côté de moi.

Quelques simples arguments de logique me font tout de suite éliminer les couples ou encore les petites familles ; me référant à ma chance légendaire, j'oublie également les belles Scandinaves partant visiter la France, ou encore les belles Françaises rentrant au pays. J'aurais à vrai dire plutôt tendance à me concentrer sur les gros moustachus. Et puis d'un coup je sais que ma voisine est arrivée. Je ne sais pas comment ni pourquoi mais quand je la vois marcher nonchalamment dans l'allée, avec un déhanché ample quoiqu'un peu saccadé, je sens que ce sera ma voisine pour le trajet. Dans un soucis de détail aigu (et peut-être aussi un peu d'honnêteté) je me dois de préciser que les saccades provenaient certainement de ce qu'elle utilisait une canne pour marcher...

Enfin voilà quoi, mes ardeurs très vite tempérées ont fait place à une gentille convivialité, et la dame étant bavarde j'ai tout appris de ses petits-enfants et de leur passion pour le violoncelle ou l'aéronautisme (que de coïncidences décidément). Mais à tout prendre j'ai vraiment préféré cette compagnie là à celle de mon voisin de train : il était il, il prenait de la place et il ronflait.
Sensualité quand tu nous tiens!