C'est l'histoire d'une société qui tombe
Et qui pour se rassurer se répète tout au long de sa chute
"jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici..."

Mais l'important c'est pas la chute,
C'est l'atterrissage.

J'ai revu ce film de Mathieu Kassovitz hier soir, et il me fait toujours le même effet. Un bon film, bien ficelé, plausible et dont la tension monte en puissance jusqu'au final qui prend au bide.
Il est évident que la vision des cités, si elle n'est pas idyllique, n'est pas tout à fait objective non plus. Les flics sont presque tous pourris ou ridicules, sauf le rebeu "grand frère" et le nouveau qui ne sait pas comment réagir à l'inévitable interrogatoire très musclé de deux collègues fascisant ; à l'inverse les jeunes de la cités sont presques tous sympathiques ou au moins attachants. Mais on accepte volontiers ce travers, par ailleurs très bien adapté au point de vue du film (le spectateur suit les trois jeunes durant presque 24h, et le narrateur est un des trois). De toute façon ça ne fait que très léger contre-poids à ce qu'on peut voir au JT.

Et ça fait prendre conscience de deux choses (je parle surtout pour moi, puisque mon avis est celui auquel je me réfère quand je veux savoir ce que je pense comme dirait l'autre*) : d'une, du malaise que la cité et sa mise à l'écart peut engendrer ; de deux, la méconnaissance complète qu'on peut avoir de ce genre de choses. Et même de l'imaginer, je crois qu'il reste vraiment difficile de se faire une idée juste du problème. Là encore les médias et leur battage constant et biaisé n'y sont pas pour rien.

Là encore, on n'a pas fini d'être pris pour des cons**.


\*) L'autre c'est Pierre Desproges. J'anticipe tout commentaire d'une certaine Québecquoise qui se gausse de mes références plus ou moins implicites à chaque fois que j'en fais : toute information peut être trouvée , ou , ou bien encore .


**) Oui en ce moment les médias m'énervent. Le Monde par exemple, journal sacro-saint censé être complet et impartial, a une vision de plus en plus marquée de l'information (ce qui en soi n'est pas forcément gênant, à condition au moins de l'assumer). Sa version électronique publie les mêmes dépêches que Yahoo!. Les journalistes se sentent aussi puissant que les politiques, pensent comme eux être capables de traiter, comprendre, analyser et expliquer TOUS les sujets sans exceptions, et lorqu'il font appel (rarement) à des spécialistes pour expliquer les choses, il déforment (tout le temps) les propos jusqu'à les rendre (souvent) incomplets, inconsistants voire contraires à leur idée initiale.
Lorsque les médias apprendront l'humilité...